Nolwenn FebvreCelle qui transformait les déchets du bloc en doudous

Infirmière anesthésiste en pédiatrie au CHU de Rennes, Nolwenn Febvre est la fondatrice de l’association Les P’tits Doudous, un réseau de 130 associations locales qui réinventent l’expérience des enfants à l’hôpital. Son engagement est né d’une souffrance professionnelle : ne plus supporter les pleurs des enfants avant leur opération.

Partant d’un simple mail envoyé à un fabricant de peluche, elle se met à distribuer des doudous aux enfants opérés. Rapidement, elle mobilise ses collègues, crée une première association… et se heurte au problème du financement. C’est là qu’émerge une idée pionnière : récupérer et revendre le cuivre des fils de bistouri électrique, habituellement jetés. Cette action pirate devient un modèle écologique et économique, aujourd’hui adopté dans de nombreux blocs opératoires.

Nolwenn va plus loin : elle coordonne la création d’un jeu vidéo, Le Héros, c’est Toi, pour transformer le parcours opératoire en aventure. Ce jeu devient si efficace qu’il remplace, dans certains cas, les sédatifs pré-opératoires. En parallèle, elle structure un réseau national les P'tits Doudous, soutenu notamment par Ashoka et la Fondation La France s’engage.
Un épisode inspirant sur la capacité à transformer un système de l’intérieur, à partir d’une idée simple, d’un peu de désobéissance… et d’une grande dose de cœur.

Photo de Paris
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Transcription de l'épisode
Aude Nyadanu 00:01
Bienvenue chez les Transformateurs, un podcast créé et produit par Lowpital, catalyseur d'innovation en santé, afin de vous présenter des personnalités particulièrement inspirantes. Professionnelle de santé, entrepreneur ou encore écrivain, ils et elles agissent au quotidien pour bouleverser notre système de santé.Je suis Aude Nyadanu, la fondatrice de Lowpital et aujourd'hui je reçois Nolwenn Febvre, fondatrice de l'association Les P'tits Doudous. Infirmière en anesthésie pédiatrique, Nolwenn est aussi une magicienne qui transforme les déchets du bloc opératoire en petits doudous pour ses petits patients.

Nolwenn Febvre 00:55
J'ai commencé à être infirmière tout d'abord en réanimation à l'hôpital Necker et après je me suis spécialisée en anesthésie et assez vite j'ai réussi à aller au bloc pédiatrique pour faire de l'anesthésie avec les enfants.

Aude Nyadanu 01:06
Alors déjà pourquoi tu as choisi d'être infirmière et puis pourquoi cette spécialisation ensuite ?

Nolwenn Febvre 01:13
Infirmière, ça a été des rencontres aussi. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Je n'ai pas eu la vocation toute petite de devenir infirmière. Mais vraiment le contact humain et de travailler avec des gens, c'était vraiment quelque chose qui m'a tiré.Et puis j'ai eu la chance de rencontrer des infirmiers qui m'ont donné envie de faire ce métier. Et après, la formation qui m'a guidé beaucoup en pédiatrie lors de mes études d'infirmière. J'ai fait beaucoup de stages en pédiatrie. Ça m'a vraiment donné envie de travailler avec les enfants. Et après, en sortant de l'école, je voulais travailler à l'hôpital Necker et j'ai eu différents choix. Et je me suis retrouvée en réanimation en me disant, voilà, je sors de l'école, j'ai encore envie d'apprendre plein de choses. Et j'ai choisi d'aller en réanimation où j'ai eu la chance de travailler avec des anesthésistes qui m'ont assez rapidement poussé à faire cette spécialisation. Et c'est grâce à eux, en fait, que je suis devenue infirmière anesthésiste.Et c'est ce qui m'a aussi permis de retourner en Bretagne et de commencer mon métier au CHU de Rennes.

Aude Nyadanu 02:10
Alors c'est amusant parce que dans l'épisode 3 du podcast, on a aussi discuté avec un anesthésiste de Necker que tu connais bien, je crois, Thomas Baugnon, l'épisode 3 pour celles et ceux qui auront envie de l'écouter, et qui nous disait aussi que c'était quand même assez difficile, ce milieu de la pédiatrie et puis de l'anesthésie, les deux combinés, évidemment, c'est des enfants qui sont en situation compliquée, avec des parents qui sont inquiets, comment tu l'as vécu toi ?

Nolwenn Febvre 02:34
Oui, ça faisait un petit peu partie du challenge au début, se dire qu'il faut être présent et les enfants, comme les parents, ils ont vraiment besoin d'être très accompagnés et le contact avec les enfants, moi, c'était vraiment quelque chose qui m'attirait parce qu'ils sont naturels et ils disent les choses et quand ça ne va pas, ils le disent, ou parfois ils ne le disent pas tellement ils sont mal. Et donc, c'était vraiment quelque chose que j'aimais bien et la violence de ce qui se passe pour les enfants à l'hôpital avec des maladies qui devraient jamais arriver à des enfants, au bout de quelques années, quand même, ça devenait plus en plus compliqué pour moi.Et les pleurs des enfants à l'hôpital et cette souffrance, ça a pris beaucoup de place dans ma vie professionnelle jusqu'à me poser problème et me mettre en difficulté de ne plus pouvoir supporter les pleurs des enfants à l'hôpital.

Aude Nyadanu 03:22
Et c'est ces pleurs qui t'ont donné le déclic de lancer ton projet des petits doudous, c'est ça ?

Nolwenn Febvre 03:30
Oui en fait, c'est vraiment parti d'une souffrance. J'ai une journée un peu difficile en salle de réveil où j'appréhendais toute la journée que les portes s'ouvrent et qu'un enfant arrive au bloc opératoire en laissant ses parents qui sont aussi mal que lui d'un côté des portes et lui de partir en pleurant et toute la journée je me suis dit oh là là mais les portes vont s'ouvrir et il va y en avoir un autre et le soir je suis rentrée chez moi et je me suis dit bon bah c'est plus possible.Je voyais mes collègues qui allaient et venaient et j'avais vraiment le sentiment d'être toute seule et que le problème venait de moi que c'était moi qui n'arrivait plus à supporter, que j'ai arrivée à un moment de ma carrière où fallait faire autre chose et donc c'était très difficile parce que je me suis dit ben j'arrive pas mais qu'est ce que je vais faire et c'était dommage parce que c'est un métier que j'ai choisi, que j'aime et là j'étais vraiment dans une situation impasse de me dire bah là c'est il faut que j'arrête et je me suis rappelée d'un petit garçon qui était arrivé en pleurant au bloc où on avait tous l'impression qu'il souffrait atrocement de sa fracture du fémur, on était prêt à l'endormir avec des morphiniques puissants sur un plateau technique parfait et en fait à un moment ce petit garçon il m'a regardée et il m'a dit "j'ai pas mon doudou" et il pleurait parce qu'il n'avait pas son doudou. Il y avait eu un peu de panique autour de son arrivée à l'hôpital ils avaient oublié le doudou et moi j'étais là avec mes drogues d'anesthésie et je me suis vraiment sentie nulle parce que je dis mais ça je peux pas résoudre son problème. On peut l'endormir, on peut le soigner mais on peut pas régler ce problème et avant de partir et de jeter l'éponge, je me suis dit ben peut-être que donner des doudous aux enfants je suis capable de faire ça et je suis allée sur un site internet d'une entreprise qui s'appelle Moulin Roti qui est pas très loin de chez moi et je suis allée sur leur site j'ai regardé et j'ai trouvé un contact et j'ai envoyé un mail je leur ai dit voilà je suis infirmière anesthésiste on n'a rien à donner aux enfants, aidez-moi, et j'ai fait envoyer.

Aude Nyadanu 05:17
Ça, déjà, c'est quand même une démarche que peu de personnes feraient. Tu t'es pas dit, mince personne ne va jamais me répondre. Qu'est-ce qui t'a donné déjà cette confiance ?

Nolwenn Febvre 05:29
C'est vrai que ça me paraissait pas compliqué de faire ça, enfin aujourd'hui on en trouve, mais j'y croyais pas en fait, je me suis dit ça va être une bouteille à la mer et il y a personne en face et jamais ça va marcher, mais tu l'as fait quand même, mais je l'ai fait quand même parce que je me suis dit je peux pas me dire que ça ne va pas et rien faire.Il faut au moins que je fasse un truc avant de jeter complètement l'éponge et dire voilà c'est comme ça c'est une fatalité les enfants ils pleurent au bloc c'est normal mais j'arrivais pas à me résoudre à ça et donc c'était juste de faire un petit geste en me disant peut-être que si on avait eu un doudou au moins pour ce petit garçon ça aurait amélioré les choses et voilà et ça a été la démarche et la chance ou la belle histoire c'est qu'il y a eu quelqu'un en face dans ce contact qui m'a répondu et qui m'a dit "j'entends votre demande et oui je vais vous envoyer un peu de doudou" et là c'était incroyable déjà c'était un peu de positif dans cette affaire et que du coup je les ai reçus chez moi et que je suis retournée à l'hôpital pour les emmener aux enfants et donc là ça a été un autre déclic encore évidemment.

Aude Nyadanu 06:29
Et ce que je trouve intéressant, c'est tout à l'heure quand on préparait, tu m'as dit que tu pensais pas de transformer tout le système, mais qu'au moins, tu pouvais peut-être offrir quelques doudous.Et on va bien sûr continuer à discuter de ton aventure, mais finalement, ce petit mail, il a, une certaine manière, transformé le système.

Nolwenn Febvre 06:47
Oui, oui, c'est vrai. Et finalement, c'est accessible à tout le monde, d'envoyer un mail.On le fait toute la journée et jamais je n'aurais imaginé que ça aurait un tel impact, mais c'était juste vraiment d'avoir un doudou et ça, ça me paraissait à ma portée, en tout cas à la portée de tout le monde. Mais oui, non, j'avais pas du tout imaginé ce que ça allait enclencher derrière. C'est vraiment le point de départ de cette histoire, ça c'est sûr.

Aude Nyadanu 07:11
Parce que quand même d'un petit mail, on est arrivé à 130 associations partout en France. Bon, on va retracer toute cette aventure, mais je trouve ça important de souligner à ce moment-là de l'histoire qu'un tout petit mail se dire, tiens, je vais tenter quelque chose, ça peut avoir des répercussions de dingue, et c'est ça que je trouve aussi génial dans ton histoire.Et donc on va continuer évidemment à suivre le cours de cette histoire. Donc t'envoies ce mail, tu reçois les doudous, tu veux aller proposer aux enfants du coup de ton service, et ensuite, qu'est-ce qui se passe ?

Nolwenn Febvre 07:41
Alors déjà, je me rappelle, les premiers doudous, et ce qui était intéressant aussi, c'était que tout le monde pouvait le donner, en fait, à l'enfant, qu'on soit chirurgien, infirmière, aide-soignant ou le brancardier. Tout le monde pouvait faire ce geste-là, et je me suis assez vite rendu compte que ça avait deux intérêts. C'est une que l'enfant était content, et que ça valorisait son expérience. On a un petit garçon qui m'a dit « tu me donnes ça parce que j'ai été très fort ». Ben oui, clairement, bravo, t'as été hyper fort et c'est bien mérité. Et donc ça nous donnait une autre relation avec nos petits patients, et puis ça faisait aussi du bien au soignant, d'avoir cette tâche de bienveillance qui était vraiment concrétisée, même s'il y en avait évidemment de la bienveillance toujours.Mais là, ça a concrétisé vraiment le geste et une autre relation avec les enfants. Donc ça, ça a été vraiment le point important pour continuer. Et pour se dire, il faut maintenant qu'on trouve des doudous pour tout le monde, et la raison de la création de la première associations, les P'tits doudous, pour vraiment avoir un compte et essayer de trouver des fonds pour financer ces doudous. Après, c'était bien les valoriser à la fin, mais ils arrivaient toujours en pleurant, et mon problème n'était pas complètement réglé. Mais on avait déjà trois, en fait, avec deux de mes collègues. On avait créé la première association, les P'tits doudous, tout simplement, modestement, dans notre coin, sans rien dire. Et donc voilà, après, le problème du modèle économique s'est posé assez vite, mais c'était déjà un premier pas de faire ça, qui était assez facile à faire en fait aussi.

Aude Nyadanu 09:08
Ce que je trouve super, c'est qu'au-delà d'améliorer l'expérience des enfants, en fait, t'as aussi amélioré l'expérience de tes collègues, de toute l'équipe en fait.

Nolwenn Febvre 09:16
Oui, et ce qui m'a aidé à rester, c'est que je me suis rendue compte que je n'étais pas toute seule et que chacun gardait ses souffrances pour lui et que moi, ce que j'avais du mal à le supporter, j'avais plein de collègues qui avaient du mal à le supporter aussi. Donc ça a permis un petit peu de lever, c'est pas des tabous, mais quand même, chacun prend sur soi, on ne partage pas vraiment nos difficultés.Et donc ça, ça a été vraiment aussi un temps hyper important entre collègues et d'améliorer un petit peu nos conditions de vie à l'hôpital, c'est sûr.

Aude Nyadanu 09:47
Oui, de redonner du sens en fait, c'est ça.

Nolwenn Febvre 09:49
De redonner du sens très facilement. Et après, c'est sûr que l'autre étape qui était vraiment importante, c'est un peu le modèle économique qu'on a réussi à trouver et qui est venu finalement assez naturellement puisque, en cherchant des sous, moi j'étais aussi assez sensibilisée au tri des déchets, notamment à la maison et mes collègues qui me racontaient le midi, qu'ils avaient quatre poubelles à la maison et qu'ils triaient très bien et puis une fois arrivé à l'hôpital, on ne triait plus du tout et c'était du grand n'importe quoi entre les déchets DASRI, d'activités de soin à risque infectieux ou les ordures ménagères et tout le monde jetait tout et n'importe quoi et je me disais c'est quand même fou que les gens soient tellement sensibilisés à l'extérieur et heureusement, et à une fois l'hôpital qu'on triait mal et avec une de mes collègues anesthésistes, un jour on a eu cette discussion en salle de bloc et j'ai vu le chirurgien jeter un fil de bistouris électrique dans la poubelle donc dans ces déchets DASRI qui coûtent très très cher aux hôpitaux en élimination et il n'était pas du tout contaminé, il n'y avait aucun problème avec ce fil et donc je l'ai pris dans la poubelle et on l'a dénudé avec Charlotte l'anesthésiste avec qui j'étais et je me suis retrouvée avec une petite bobine de cuivre et je me suis dit que sur un CHU tous les jours utilisait pour chaque intervention il devait y en avoir des quantités énormes et donc l'idée à germer de se dire bah et si en vendant le cuivre on arrivait à financer nos doudous ce serait génial mais jamais je pensais que ça marcherait.

Aude Nyadanu 11:20
Et pour qu'on comprenne bien pour que celles et ceux qui ne connaissent pas bien le bloc, en fait c'était une erreur de tri où de toute façon c'était pas recyclé ?

Nolwenn Febvre 11:28
Alors c'était les deux. C'était une erreur de tri parce que ce ne sont pas des déchets d'activité de soins à risque infectieux. Voilà, c'est un fil qui n'est pas contaminé. Donc c'était une erreur de tri, il ne devait pas aller dans ces déchets d'activité de soins.Et en plus, c'était pas recyclé. Il y avait plein de métaux qui n'étaient pas recyclés. Et donc voilà, ça était de se dire : ça se trouve, c'est possible de le faire. Mais on ne savait pas du tout comment. Enfin, c'était vraiment d'essayer quelque chose, de les prendre et de se dire, on ne peut pas jeter du cuivre dans la poubelle, c'est pas possible. C'était complètement dingue en fait de faire ça et je pense qu'il y a encore plein d'hôpitaux où ils le font. Et ça, on ne peut plus faire ça aujourd'hui.

Aude Nyadanu 12:11
Et donc là, tu as été voir le directeur et tu lui as dit « Il faudrait qu'on recycle le cuivre ».

Nolwenn Febvre 12:15
En fait, au début on l'a fait ça complètement sans autorisation.

Aude Nyadanu 12:20
Parce qu'on n'a pas du tout, tu n'as pas été voir le directeur ?

Nolwenn Febvre 12:24
Non, pas du tout. Pas du tout parce que je pensais pas que ça marcherait déjà et en fait le sens de se dire on va récupérer ces fils pour acheter un doudou pour nos enfants ça a parlé à tout le monde et c'est parti comme une traînée de poudre indépendamment de moi et donc tous les blocs se sont mis à faire ça et même mon chef m'a dit mais Nolwenn tu n'auras jamais le droit de faire un truc pareil ne dis rien parce qu'on pensait pas que ça marcherait et à Rennes on a deux centres, hôpital femmes-enfants et le reste du CHU et on était un peu insulaires donc on n'était pas trop vus en fait et sauf que tout le monde tourne les internes les formations des médecins aussi et donc ça s'est répandu dans tout le CHU et il y a eu un moment où on en cachait dans nos vestiaires dans nos coffres dans nos garages, des pirates, complètement pirates on les vendait à un ferrailleurs et puis quand j'ai vu les paquets arriver des autres blocs adultes avec mon nom pour les petits doudou je me suis dit non mais là c'est pas aussi mais il faut que j'aille prévenir la direction donc j'ai envoyé un mail mais je ne savais même pas trop qui prévenir en fait parce que ma chef était au courant mais voilà on couvrait un peu le truc et j'ai envoyé un mail à la direction de l'hôpital directement en fait j'ai passé toutes les étapes et j'ai été convoquée très très rapidement et j'ai rencontré la directrice de la communication qui m'a demandée de résumer la situation donc je lui expliquée. Et elle m'a dit "vous êtes en train de me dire que vous vendez du matériel acheté par l'hôpital ce qui était vrai que normalement ce sont des déchets d'activité de soins à risque infectieux" donc je lui dis à tort mais oui et elle me dit "vous êtes en train de m'annoncer que tous les blocs du CHU font ça aussi ?" donc il y a eu un petit moment de tension et elle a eu une intelligence et l'écoute de me dire faites le bien faites le bien et donc à ce moment là on a rédigé un protocole pour sortir ce fil en sécurité pour tout le monde et pour les recycleurs et pour les soignants et donc ce protocole avait été validé par le directeur de l'hôpital à l'époque et donc ça a été un document qui est très très utile puisque ce qui a permis aussi de le diffuser pour que d'autres hôpitaux puissent faire ça

Aude Nyadanu 14:26
C'est incroyable de se dire que vous vous êtes dit on n'aura jamais le droit de faire ça. Comment ça se fait ?

Nolwenn Febvre 14:34
Parce qu'on est dans des établissements de santé ou la sécurité ou la prudence et parce que voilà, c'est compliqué, mais c'est aussi qu'il y a une lourdeur administrative très forte et que dès qu'on veut mener quelque chose, il y a beaucoup de strates et dès qu'on présente un projet, ça doit passer des étapes, de validation et que nous on était dans l'efficacité et qu'il fallait faire là tout de suite, s'il y avait une urgence à le faire, c'est un peu comme un anesthésie, on a un problème, on le traite et je pense qu'il fallait s'en occuper rapidement et on n'avait pas le temps d'attendre de se dire si je prends la voie hiérarchique, c'est dans 6 mois et ça se trouve on n'aura rien fait dans 6 mois.Et donc là, c'est pour ça qu'on a pris un petit peu le gauche sans être non plus des inconscients, on est des soignants, on est responsables, tous mes collègues sont des gens responsables et donc on n'a pas fait n'importe quoi et moi j'étais très contente d'aller expliquer ce qu'on avait fait, de le mettre sur papier une fois que c'était fait, certes, mais en tout cas de vraiment aussi définir tout le process un peu à posteriori mais quand même voilà parce que c'était quand même un moyen d'y arriver plus facilement, il faut quand même dire ce qui est.

Aude Nyadanu 15:44
Ah oui, c'est sûr, parce qu'en fait peut-être que tu attendrais encore à d'avoir une réponse.

Nolwenn Febvre 15:47
Je pense qu'aujourd'hui on serait encore à parler du financement des doudous oui.

Aude Nyadanu 15:51
Mais c'est vrai que c'est des choses qui peuvent se perdre dans les maillons administratifs, qui n'ont pas de cadre, et qui, du coup, on ne sait pas très bien, comme tu dis, qui va le prendre ou pas. Et je trouve ça hyper intéressant que, avec tes collègues, avec ton équipe, vous soyez dit "nous on y va".Et puis qu'à posteriori, puisque c'était trop tard, d'une certaine manière, c'était déjà quelque chose d'ancré, la direction était un peu obligée de prendre le pli, je pense.

Nolwenn Febvre 16:16
Ah ben oui, et puis finalement, c'était aussi du bon sens, et mettre des projets où tout le monde adhère, et où tous les blocs le font, c'est pas si simple. Donc là, puis c'était pas pour payer mes vacances, c'était pour améliorer la prise en charge des enfants, donc des patients du CHU.Donc voilà, et l'hôpital gagnait de l'argent. Parce que quand nous on recycle une tonne de déchets, l'hôpital gagnait quasiment 1 000 euros dans l'élimination des déchets. Donc il n'y avait que du gagnant-gagnant pour tout le monde. Donc les gens que j'ai rencontrés, ils ont évidemment compris ça, et à ce moment-là, ils ont essayaient d'aider comme ils ont plu. Une fois que c'était fait.

Aude Nyadanu 16:54
C'est incroyable, j'adore parce que, je dis souvent, il n'y a pas d'innovation sans obéissance. C'est un peu une des devises aussi de notre entreprise Lowpital.Et du coup, c'est un exemple magnifique aussi de tu n'as pas demandé l'autorisation, et puis une fois que ça avait effectivement un peu fait ses preuves, ça a été quand même beaucoup plus simple d'aller leur proposer de s'associer à ce projet-là. Donc, c'est assez intéressant de retracer ton parcours vraiment de transformatrice. Où t'as vraiment complètement transformé une partie de ton organisation, et d'ailleurs pas que la tienne, à partir d'un déclic, de quelque chose qui t'a pas plu, qui t'a choquée, qui t'a un peu révoltée, où tu te dis, je vais faire quelque chose, mais le quelque chose, tu ne savais pas trop ce que c'était. Et donc, d'un petit mail, j'entraîne mes collègues là-dedans, tu te retrouves aujourd'hui à la tête aussi d'une association qui a énormément d'impact, je trouve ça magnifique. T'es vraiment, oui, bon, alors on va continuer dans l'histoire, parce que, mais vraiment, je suis impressionnée, je trouve ton histoire hyper inspirante, vraiment. Donc là, on en est à la création de cette association, où tu arrives à financer les actions grâce à la vente de ces déchets qui sont recyclés, et quelle est la prochaine étape ?

Nolwenn Febvre 18:19
La prochaine étape, c'était vraiment d'arrêter les pleurs. Clairement, moi, ils avaient des cadeaux à la fin, mais c'était quand même traumatisant de venir au bloc et de s'endormir. Et donc, je me suis dit qu'il faut qu'on trouve un système pour que les enfants viennent au bloc en jouant. C'était un petit peu le challenge de dire qu'il faudrait que ça soit ludique.C'est comme une aventure comme un jeu de piste. Et donc, on a commencé à réfléchir à créer un jeu de piste au début, on s'était sur une feuille, et puis finalement, les enfants, le numérique, et puis notre monde aujourd'hui, c'est-à-dire, on a sûrement des outils numériques qui vont nous aider à faire passer ces messages. Et on s'est dit, on va alors mettre des tablettes entre les mains et on va télécharger la bonne appli ou l'enfant est un héros à l'hôpital et il doit aller au bloc, pensant que cet appli existait. Et on a trouvé des financements pour nos tablettes. Et là, le problème s'est posé, c'est que ce jeu-là, qu'on imaginait ou l'enfant et un héros d'un parcours pour aller au bloc opératoire, on l'a pas trouvée. Et donc, avec une réunion avec les asso, avec les membres des P'tits doudous, on s'est dit, c'était une super idée mais tant pis. Mais moi, j'ai dit, non, non, non, mais pas tant pis. On est tous d'accord ici, les médecins anesthésistes, mes collègues, les infirmières, on est tous d'accord, ce serait une bonne idée. On va faire un jeu vidéo. Je dois avoir ce côté d'inconscience ou de folie, je ne sais pas. Mais j'ai dit, on va essayer de trouver des développeurs, des designers qui vont nous aider parce qu'en fait, le contenu de ce jeu, il n'y a que nous qui pouvons le donner. Il n'y a que nous qui connaissons les difficultés dans le service pour prendre la tension d'un enfant. Il n'y a que nous qui connaissons comment il faut mettre le masque d'anesthésie pour s'endormir avec nos gaz d'anesthésie. Et ces compétences-là, je me suis dit, mais les développeurs ne peuvent pas comprendre la réalité du terrain. Il faut qu'on aille les chercher et qu'on travaille avec eux. Et donc, on a bassiné nos familles, nos amis, notre réseau. Et on a trouvé un designer qui, à Bordeaux, que j'ai eu au téléphone et qui m'a dit, c'est tout à fait possible de faire un jeu de piste. Et moi, s'il faut, je trouve votre projet sympa, je ferai les dessins. Et après, il y a David, des P'tits doudous, qui avait un collègue qui travaillait dans l'entreprise Rennaise qui s'appelle Niji. Et on a rencontré leur dir-com. Et il nous a dit, on va mettre des développeurs à votre disposition. Et en six mois, on a travaillé tous ensemble. En six mois, on a fait ce jeu qui s'appelle "Le Héros, c'est Toi". Et en avril 2014, les premiers enfants au CHU de Rennes ont commencé à jouer avec cette application qui a révolutionné complètement notre pratique et changé la manière dont les enfants sont endormis au bloc.

Nolwenn Febvre 20:38
Et finalement, oui, ils venaient en jouant avec ce jeu, gagner des étoiles était valorisé, et gagner même à la fin du parcours le doudou, qui évidemment était dans ce jeu-là. Donc on passait du virtuel pour les aider grâce aux numérique. Et ces tablettes nous ont vraiment beaucoup aidé, et beaucoup aidé les enfants. Et à revenir avec un doudou et à repartir fiers de ce qu'ils avaient réalisé, je trouvais que c'était une belle aventure, ce jeu qui tourne encore évidemment dans nos associations.Et alors ils pleurent plus les enfants ? Ça pleure beaucoup moins, clairement ça pleure beaucoup moins, et ça a changé la manière dont ils s'endorment au bloc. Et surtout, ce qui se passe, c'est que quand ça pleure, ça nous choque tous. C'est que c'est plus du tout une fatalité, c'est... Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi ça pleure ? Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est qu'on n'a pas eu l'outil, qu'il y a une difficulté, mais en tout cas ça devient... On travaille vraiment de manière beaucoup plus sereine, et c'est beaucoup plus facile d'endormir des enfants qui pleurent pas que des enfants qui pleurent. Ils vont bien mieux après aussi, c'est un impact sur la douleur post-opératoire, et mon chef d'anesthésie qui regardait ça, très vite a dit qu'il faut qu'on fasse une étude sur l'impact de ce jeu, sur l'anxiété des enfants. Mais donc on a étudié et on s'est rendu compte que ce jeu était plus efficace que la prémédication, donc des médicaments qu'on leur donnait avant, et ce jeu est devenu une prescription médicale. Donc aujourd'hui, pour aller au bloc opératoire, la prescription, c'est le Héros c'est toi, le nom de notre jeu, et ça a été pour moi un moment incroyable de voir ça apparaître dans le dossier de soins, puisqu'on n'avait jamais imaginé, évidemment, qu'on irait jusque-là, c'était vraiment les rendre acteurs, et que ça soit ludique, mais pas que ça fasse mieux des médicaments et que l'anxiété soit vraiment diminuée avec cette application.

Aude Nyadanu 22:21
Donc en fait, avec une application bien pensée qui va changer l'expérience de l'enfant, vous avez réussi à supprimer les sédatifs.

Nolwenn Febvre 22:30
C'est ça, exactement. C'est magnifique. C'est devenu un outil numérique, clairement, qui a changé la manière de travailler. Un petit garçon un jour qui est en train de dormir au bloc et qui est en train de gagner des étoiles et il y a du lien entre le jeu et les courbes qu'on a sur notre respirateur et moi j'étais à côté de lui en train de le regarder il m'a dit "mais toi tu fais rien aujourd'hui ?" et j'étais un petit peu interpellée et je lui regarde comment tu respires bien et comment tu gagnes des étoiles et tout à l'heure quand tu vas t'endormir pour être opéré puisque tu es là pour ça, et bien nous on va te surveiller, on va être avec toi toute l'intervention mais c'est vrai qu'il m'a un petit peu alerté mais oui c'est vrai il a raison, je suis juste en train de le regarder et je me rappelle des moments où il fallait être beaucoup plus costaud pour endormir des enfants de force et vraiment je me suis dit du jour là que c'était quand même bien plus agréable pour moi.

Aude Nyadanu 23:21
Oui, d'une certaine manière, c'est un peu comme ce que nous disais Antoine Prioux dans un épisode récent, que l'idéal c'est que ton rôle ne devienne pas inutile, mais en tout cas que vous ayez plus autant besoin d'agir et que le patient de lui-même puisse gérer une partie des problématiques en fait.

Nolwenn Febvre 23:40
Moi c'était ça l'objectif c'était ça c'est de se dire on est là pour évidemment veiller à ce que ça se passe bien techniquement en tout cas que toutes les conditions soient réunies pour que l'anesthésie se passe au mieux et qu'on soit là à accompagner les enfants. Mais si on les laisse faire tout seul c'est bien mieux c'est sûr et c'est c'est reposant pour nous c'est bien plus agréable et ça change complètement aussi son vécu. Il n'y a pas très très longtemps il y a un petit garçon là quand même et là je me suis dit c'est là on a passé un cap, qui était venu pour une blessure et il est ressorti du bloc et on allait je suis allée avec lui chercher ses parents dans la salle d'attente et il est arrivé il a dit à sa mère "Est-ce que j'aurai le droit de revenir ?" et sa maman encore les yeux rouges d'avoir laissé son petit garçon partir au bloc, elle a dit pas tout de suite et je me suis dit mais voilà c'est ça en fait c'est c'est des passages obligés parfois de venir au bloc il va falloir que ça soit une aventure et que on les laisse faire et participer et qu'il soit vraiment acteur de leur parcours on est juste là pour les accompagner en fait

Aude Nyadanu 24:39
Tout à l'heure en racontant une décision que tu as prise, tu as dit « Ah, je sais pas ce qui m'a prise, je dois être un peu inconsciente ». Qu'est-ce qui fait qu'on arrive à monter ce genre de projet ? Qu'est-ce qui chez toi te permet de bouger comme ça, de faire bouger les choses ?

Nolwenn Febvre 24:56
Je pense que j'ai du mal à laisser tomber et à me dire que ce n'est pas possible, c'est vraiment... Tu ne peux pas te résigner. Je ne peux pas me résigner, non, je ne peux pas me résigner.Si ça ne me va pas, je trouve que c'est normal d'essayer de changer le système. Je ne peux pas dire, moi ça ne me va pas et voilà, je m'en vais, je ne fais rien. Non, non, si ça ne va pas, il faut trouver des solutions en fait. Je crois que c'est juste ça, ça doit être une question de tempérament, je ne sais pas, mais j'y arrive pas, j'y arrive pas à me dire qu'on ne peut pas, voilà, ce n'est pas possible. Et surtout, c'était aussi de se dire si on n'y arrive pas, ce n'est pas grave. Si on y arrive, peut-être qu'on va avoir de belles conséquences, mais en tout cas si on n'essaye pas, c'est comme le loto, si on ne joue pas, on ne gagne pas. C'était ça, c'est de se dire, voilà, si on n'essaye pas de changer le système, ça ne changera pas. Donc essayons quelque chose et au pire du pire, ça restera pareil. Donc je crois que c'est vraiment...

Aude Nyadanu 25:51
Ça me fait un peu penser à Inès aussi qui nous avait dit dans le premier épisode fait c'est mieux que parfait. Est-ce que toi t'as une devise aussi ?

Nolwenn Febvre 25:58
Ah oui, moi j'ai une devise, que j'aime beaucoup, qui est de Nelson Mandela qui est "cela semble impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse". Et j'ai Mélodie avec avec qui je travaille, qu'il a écrit au-dessus de mon bureau. Je pense que voilà, c'est toujours ça, il n'y a pas limite. Rien à perdre.

Aude Nyadanu 26:14
Pas de limites, on n'a toujours pas expliqué à nos auditeurs auditrices comment tu es passée de cette association au sein du CHU de Rennes, aux 130 associations partout en France ?

Nolwenn Febvre 26:28
En fait, on était tellement content des résultats de l'étude sur l'anxiété des enfants avec notre application numérique, qu'on a publié au congrès d'Anesthésie à Paris, à la Sfar, et moi j'ai présenté ça au congrès en étant très contente de nos résultats, et dans la salle, j'étais interpellée par des soignants qui m'ont dit « Mais nous, on est à Nantes, à Montpellier, on fait comment chez nous ? » Et on n'avait pas trop imaginé que ça allait partir de Rennes, et avec eux, en fait, on s'est réunis, et on a dit « Bah écoutez, ce qui a marché chez nous, ça a été de créer une association de soignants, vraiment, de se fédérer entre nous, de faire du recyclage pour le modèle économique et que, voilà, écologiquement parlant aujourd'hui, on n'a pas le choix et il faut quand même se mobiliser tous ».Et puis après, l'application, on a dit « Mais nous, on l'a faite, on va la partager ». Et donc ça a commencé à se dupliquer comme ça depuis fin 2014, début 2015, où la deuxième association est née pour arriver à plus de 100 aujourd'hui. Donc c'est vraiment le modèle, et ça continue, il y en a eu 3 de créées cette semaine, donc ça continue à se créer. Les soignants ont vraiment envie de se mobiliser, malgré toutes les difficultés qu'on connaît et de ce qu'on vient de traverser. Mais en tout cas, voilà, c'est vraiment le modèle, et chacun, dans son établissement, crée son association, et ça implique et s'engage, en fait, sur le même modèle. Voilà, on s'appelle tous les P'tits doudous et ça devient une grande famille, on est 1500 dans notre réseau, et c'est aussi hyper intéressant d'échanger, de se soutenir, et que ça devient une belle aventure entre soignants, et que notre mission première, qui était évidemment d'améliorer le vécu des enfants et des parents à l'hôpital, il y a une vraie mission aussi d'améliorer la qualité de vie des soignants aujourd'hui, et que ce réseau prend aussi ce virage de vraiment axer nos projets sur cette action, sur cet accompagnement des soignants.

Aude Nyadanu 28:14
Ça a l'air énorme, tout ce projet que tu nous racontes alors j'imagine qu'en plus tu continues bien sûr ton métier d'infirmière.

Nolwenn Febvre 28:21
Oui, je suis à mi-temps aujourd'hui .

Aude Nyadanu 28:23
C'est impressionnant et comment tu arrives à porter tout ça toute seule ?

Nolwenn Febvre 28:27
Alors je suis pas toute seule, voilà, déjà il y a plein de soignants engagés. Aujourd'hui on est trois soignants, j'ai deux collègues qui sont à temps partiel, à 75% de l'hôpital et à 25% financés par l'Association nationale qu'on a créée en 2017.Et moi je suis financée à mi-temps puisque je suis soutenue par l'ONG ASHOKA, qui est une ONG mondiale créée par un américain pour soutenir les entrepreneurs sociaux et qu'on a été repérés par ce réseau et donc je suis devenue fellow Ashoka en 2018 et c'est des moyens financiers puisqu'ils ont financé mon mi-temps, donc ça a été vraiment un cap important pour que j'ai plus de temps pour me consacrer au projet. Mon planning à l'hôpital devenait un peu compliqué quand même. Et aussi des compétences, un réseau très important pour nous donner des conseils puisque d'une association à plus de 100, il y a des étapes à passer dans la croissance de ce projet qui ne sont pas simples, surtout pas quand on est infirmière anesthésiste et qu'on n'a pas été formée pour faire ça. Et donc voilà, ça c'était une étape très importante et aussi la Fondation La France s'engage du Président François Hollande qui nous a aussi labellisé en 2018 avec des fonds importants et ça nous a permis aussi de passer une étape vraiment et ces soignant, c'est vraiment de l'entraide aussi tout le monde ensemble pour faire grandir ce projet en gardant bien nos valeurs qu'on partage.

Aude Nyadanu 29:52
Tu disais là qu'à la base, tu ne savais pas forcément comment faire et que t'as pas été formée pour ça.Alors si quelqu'un qui nous écoute se dit moi aussi, j'ai cette idée, j'ai très envie de monter un projet parce que j'ai envie de changer le système de santé et j'ai même cette petite idée, comme tu disais tout à l'heure, mais qui peut-être va prendre de l'ampleur, quel conseil tu lui donnes ?

Nolwenn Febvre 30:12
Qu'il faut essayer. Clairement je trouve qu'on a tous développé des compétences de dingue avec ce projet, donc on était capables.Moi j'ai des collègues aide-soignants ou chirurgiens ou médecins anesthésistes ou infirmières. On a tous des compétences qu'on n'exploite pas assez au travail et parce qu'on est vraiment dans notre rôle. Voilà moi David qui est le dir-com des doudous, clairement il maîtrise tous les réseaux sociaux, il a développé des compétences très importantes. Stéphanie aussi qui s'occupe de fédérer tout ce réseau aujourd'hui d'association. Est-ce que c'était quoi leur métier à la base ? Ils sont anesthésistes donc on n'a pas du tout eu cette formation voilà et finalement je me rends compte qu'on n'utilise pas assez les potentiels des gens et qu'on les laisse pas s'exprimer surtout pas. Et surtout pas dans nos métiers quand on est soignants ça le réveille, ça m'a été très contourné, on est une fiche de poste, il n'y a pas d'extravagance alors que moi j'ai eu plein de surprises de gens qui m'ont dit non mais en fait moi en numérique je sais faire et ça ne vous voyait pas en travail et on a été aidés comme ça et les gens se sont aussi épanouis dans cette fonction et je vois bien que dans les associations chacun trouve sa place entre ceux qui aiment être trésoriers, entre ceux qui aiment faire de la communication, tout le monde peut s'épanouir et apporter sa pierre à l'édifice donc ça c'est vraiment ça a vraiment été et puis on apprend, on apprend tous les jours. Voilà c'est pas parce qu'on est anesthésiste qu'on va pas savoir faire autre chose, on va rencontrer des gens qui vont nous aider, qui vont nous former, on va aussi aller travailler des compétences qu'on n'a pas mais on va aller les chercher donc finalement c'est pas compliqué, il faut pas se freiner. On a dans la tête cette autocensure de se dire je suis pas capable je vais pas y arriver mais moi jamais j'ai pensé j'étais capable de faire ce projet et aujourd'hui en avançant j'ai rencontré énormément de personnes qui nous ont aidé tout au temps du parcours et qui continuent à nous aider aujourd'hui, c'est une aventure incroyable et finalement au-delà de l'engagement, du temps et de l'énergie on reçoit énormément aussi et c'est pour ça mon avis de les soignants s'engagent, qu'ils le font en plus de leur boulot, ça doit être on va retirer tout ce quelque chose aussi, une qualité de vie au travail mais aussi d'aventure humaine qui est très très forte entre nous et ça ça fait du bien.

Aude Nyadanu 32:21
Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour que demain il y ait plus de Nolwenn Febvre, plus d'associations qui se créent sur plein de sujets pour qu'on entend mieux justement les potentiels, qu'on développe mieux les potentiels de chacun à l'hôpital ?

Nolwenn Febvre 32:33
Il y en a plein des Nolwenn Febvre, je n'ai aucun doute et je vois bien dans ces associations qui se créent où je connais personne et on les découvre, c'est vraiment des beaux exemples partout, de la personne qui se dit moi je vais créer une asso dans mon établissement, voilà c'est déjà parti. Après plus on est, plus on a de poids, plus on est légitime donc on a passé toutes ces étapes parce que quand même c'était un modèle un petit peu différent et pas du tout prévu dans nos systèmes hospitaliers donc c'est aussi ça dont on a besoin aujourd'hui et que moi plus on parlera des petits doux doux, plus ça donnera l'idée à l'infirmière qui est peut-être un peu mal dans son travail, dans un coin de la France ou d'ailleurs et de se dire moi aussi je peux y arriver, ben oui évidemment et de ne pas avoir peur d'y aller et d'oser juste franchir ce pas là, de nous appeler sur les petits doux.org, nous envoyer un mail et nous on est là pour leur dire que c'est possible et que ça va être facile et la force du réseau aujourd'hui c'est ça qui est important et plus on a de visibilité mieux c'est évidemment.

Aude Nyadanu 33:35
J'espère que ce podcast, en tout cas, t'aidra justement à faire connaître l'association parce que c'est vraiment beau, je trouve, d'avoir réussi à allier des problèmes écologiques avec l'expérience patient, avec la qualité du travail. C'est vraiment un projet très global qui a beaucoup d'impact. Donc vraiment, je te remercie de l'avoir partagé avec nous et je ne doute pas que ça va inspirer énormément de personnes qui écouteront l'épisode.Il y a une question qu'on pose systématiquement à la fin des épisodes des transformateurs. C'est qui est, à ton avis, la prochaine personne que nous devrions inviter ?

Nolwenn Febvre 34:06
Alors moi, j'ai rencontré une personne qui s'appelle Diariata Ngaye, qui a créé l'application Appel pour les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes de 15 à 25 ans. Et je trouve que c'est un projet qui serait super et que j'aimerais bien l'écouter en podcast.

Aude Nyadanu 34:21
Merci beaucoup Nolwenn pour ton temps, pour ce partage de ton histoire qui est franchement exceptionnelle. Donc moi je retiens en tout cas que c'est vrai que les choses sont impossibles jusqu'à ce qu'on les ait faites et puis que parfois d'une petite idée et puis de bon, je vais essayer d'envoyer un mail, on se retrouve à vraiment transformer le système. Et voilà, je te remercie.En tout cas, j'admire vraiment beaucoup ce que tu as fait et ta personnalité. Et voilà, vraiment merci beaucoup.

Nolwenn Febvre 34:48
Et bah merci, c'était un bon moment. Et puis voilà, rien n'est impossible. Et en tout cas, on n'a rien à perdre. C'est vraiment quelque chose qui me pousse tous les jours.

Aude Nyadanu 34:59
Merci d'avoir écouté cet épisode des Transformateurs. J'espère qu'il vous a plu. Si c'est le cas, je vous invite à le partager autour de vous, à laisser 5 étoiles et à vous abonner. Transformer le système de santé, c'est justement le cœur de la mission de Lowpital. Pour en savoir plus, rendez-vous sur les réseaux sociaux ou sur notre site www.lowpital.care. En tout cas, on se retrouve dans 15 jours pour le prochain épisode du podcast.